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Spermogramme : déroulement, paramètres et interprétation

Le spermogramme est l'examen de première intention du bilan de fertilité masculine. Ce dossier documente son déroulement, les paramètres analysés, les valeurs de référence de l'OMS (2021) et les précautions d'interprétation — sans se substituer à la lecture qu'en fait le médecin dans le contexte du couple.
18 min de lecture
Spermatozoïdes humains observés au microscope optique : têtes ovales et longs flagelles dans le liquide séminal, comme lors de l'examen microscopique du spermogramme.
Réponse rapide
Qu'est-ce qu'un spermogramme ?
L'analyse de laboratoire du sperme : volume, concentration, mobilité, morphologie et vitalité des spermatozoïdes, selon la méthodologie de l'OMS. C'est l'examen de première intention du bilan de fertilité masculine.
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Comment se préparer à l'examen ?
Respecter une abstinence de 2 à 7 jours, recueillir la totalité de l'éjaculat dans le flacon stérile fourni, et le faire analyser rapidement — idéalement au laboratoire.
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Un résultat anormal signifie-t-il stérilité ?
Non. Les valeurs de référence sont statistiques, les paramètres varient d'un prélèvement à l'autre, et une anomalie est confirmée par un second examen avant toute conclusion.
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Que signifient les termes du compte rendu ?
Oligozoospermie : concentration abaissée ; asthénozoospermie : mobilité réduite ; tératozoospermie : formes normales abaissées ; azoospermie : absence de spermatozoïdes ; OAT : anomalies combinées.
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1. Qu'est-ce que le spermogramme ?

Le spermogramme est l'analyse de laboratoire du sperme, le liquide éjaculé qui contient les spermatozoïdes et les sécrétions des glandes annexes (vésicules séminales, prostate). Réalisé selon une méthodologie standardisée — le manuel de l'Organisation mondiale de la santé, dont la sixième édition date de 2021 —, il fournit une description chiffrée du prélèvement : volume, concentration en spermatozoïdes, mobilité, morphologie, vitalité, ainsi que des caractéristiques comme le pH, la viscosité ou la présence de leucocytes.

C'est un examen descriptif, pas un test de fertilité au sens strict : il décrit ce que contient l'éjaculat, sans mesurer directement la capacité d'un spermatozoïde à féconder un ovocyte. Cette distinction, soulignée dès les travaux de Cooper et collègues (2010) qui ont établi les valeurs de référence actuelles, est au cœur de son interprétation.

2. Dans quelles situations est-il prescrit ?

L'indication principale est le bilan d'infertilité du couple, habituellement après douze mois de rapports réguliers sans contraception n'ayant pas abouti à une grossesse — six mois lorsque la partenaire a plus de 35 ans. Le spermogramme est alors réalisé en parallèle du bilan féminin, comme le détaillent les recommandations de l'AUA/ASRM (2021) et de l'EAU. Il est décrit dans le dossier consacré à l'infertilité masculine.

L'examen a d'autres indications : le contrôle d'une vasectomie (recherche de spermatozoïdes résiduels, généralement trois mois après l'intervention), le suivi après réparation d'une varicocèle ou traitement d'une cause identifiée, l'évaluation avant préservation de sperme (par exemple avant un traitement gonadotoxique), ou encore le don de sperme, qui obéit à des critères de sélection spécifiques.

3. Comment se déroule l'examen ?

Le recueil se fait par masturbation, dans un flacon stérile fourni par le laboratoire, après une abstinence sexuelle habituellement comprise entre deux et sept jours. Cette durée n'est pas un détail : les travaux de Levitas et collègues (2005), portant sur plus de 9 000 échantillons, et ceux d'Elzanaty et collègues (2004) montrent qu'elle influence le volume, la concentration et la mobilité. Elle doit donc être respectée et déclarée, car elle fait partie de l'interprétation du résultat.

Le prélèvement doit être complet — la première fraction de l'éjaculat est la plus riche en spermatozoïdes —, conservé à une température proche de celle du corps et analysé rapidement. Le recueil a lieu idéalement au laboratoire ; lorsqu'il est réalisé à domicile, le flacon doit être apporté dans l'heure, à l'abri du froid. Les préservatifs ordinaires sont proscrits (lubrifiants spermicides) ; aucun lubrifiant ne doit être utilisé.

Certaines situations faussent l'examen et doivent être signalées : fièvre dans les semaines précédentes, prise de médicaments ou de stéroïdes anabolisants, exposition récente à une chaleur intense. Compte tenu de la durée de la spermatogenèse — environ 74 jours —, un épisode fébrile peut altérer les paramètres pendant plusieurs semaines.

4. Que se passe-t-il au laboratoire ?

À réception, le prélèvement est laissé à température ambiante pour permettre sa liquéfaction : le sperme, d'abord coagulé, se fluidifie en une trentaine de minutes sous l'action d'enzymes prostatiques. L'examen macroscopique évalue ensuite l'aspect, la couleur, la viscosité, le pH et le volume, mesuré par pesée ou pipetage.

L'examen microscopique constitue le cœur de l'analyse. La concentration est déterminée sur une chambre de comptage après dilution contrôlée. La mobilité est évaluée sur une goutte déposée entre lame et lamelle, en classant les spermatozoïdes en trois catégories. La morphologie est étudiée sur frottis coloré, selon des critères stricts. La vitalité — proportion de spermatozoïdes vivants — est mesurée par coloration (éosine-nigrosine) lorsque la mobilité est très réduite, afin de distinguer spermatozoïdes morts et spermatozoïdes vivants mais immobiles.

Le compte rendu est ensuite validé par le biologiste. Les laboratoires d'analyses médicales appliquent des procédures de contrôle qualité interne et externe ; la revue critique de Boitrelle et collègues (2021) sur la sixième édition du manuel de l'OMS détaille ces exigences de standardisation.

5. Les cinq paramètres principaux

Infographie des cinq paramètres du spermogramme : volume en millilitres, concentration en millions par millilitre, mobilité en pourcentage, morphologie en pourcentage de formes normales, vitalité en pourcentage de spermatozoïdes vivants.
Figure 2. Les cinq paramètres principaux du spermogramme et ce qu'ils mesurent. Illustration pédagogique.

Volume

Le volume de l'éjaculat reflète l'activité des glandes annexes — essentiellement les vésicules séminales et la prostate. Un volume faible peut traduire une abstinence courte, un recueil incomplet, une éjaculation rétrograde ou une obstruction des voies excrétrices ; il oriente alors vers des explorations complémentaires.

Concentration et numération totale

La concentration exprime le nombre de spermatozoïdes par millilitre ; multipliée par le volume, elle donne la numération totale par éjaculat, paramètre plus informatif que la concentration seule. Une concentration abaissée est appelée oligozoospermie ; l'absence totale de spermatozoïdes, confirmée après centrifugation du prélèvement, définit l'azoospermie.

Mobilité, morphologie, vitalité

La mobilité évalue la capacité de déplacement des spermatozoïdes, la morphologie la proportion de formes normales, et la vitalité la proportion de cellules vivantes. Ces trois paramètres font l'objet des sections suivantes.

6. La mobilité : trois catégories

Infographie des trois catégories de mobilité spermatique : mobilité progressive avec déplacement en ligne droite, mobilité non progressive avec mouvements sur place, et spermatozoïdes immobiles.
Figure 3. La classification de la mobilité selon l'OMS : progressive, non progressive, immobiles. Illustration pédagogique.

Depuis la cinquième édition du manuel de l'OMS, la mobilité est classée en trois catégories : progressive (déplacement actif vers l'avant), non progressive (mouvements sur place, sans progression nette) et immobile. C'est la mobilité progressive qui importe le plus physiologiquement : seuls les spermatozoïdes capables de progresser traversent la glaire cervicale et gagnent les trompes.

Une mobilité abaissée est décrite comme une asthénozoospermie. Ses causes sont variées : anomalies du flagelle, stress oxydatif, infection des voies génitales, varicocèle, ou simple artefact lié aux conditions de recueil (délai trop long, température inadaptée). Lorsque la mobilité est très faible, le test de vitalité distingue les spermatozoïdes immobiles vivants — utilisables en ICSI — des spermatozoïdes morts.

7. La morphologie : des critères volontairement stricts

Planche de morphologie spermatique selon les critères stricts : un spermatozoïde de forme normale avec acrosome, tête ovale, pièce intermédiaire et flagelle, face à six exemples d'anomalies (tête trop grosse, tête effilée, double tête, pièce intermédiaire épaisse, flagelle enroulé, double flagelle).
Figure 4. La morphologie spermatique selon les critères stricts : seuls les spermatozoïdes parfaitement conformes sont classés « normaux ». Illustration pédagogique.

L'évaluation morphologique repose sur les critères dits « stricts » (ou de Tygerberg), introduits par Kruger et collègues (1986) : un spermatozoïde n'est classé normal que si sa tête, son acrosome, sa pièce intermédiaire et son flagelle sont parfaitement conformes. Toute irrégularité — tête trop grosse, effilée ou double, pièce intermédiaire épaisse, flagelle enroulé ou double — le classe comme atypique.

Cette sévérité explique un résultat souvent mal compris : chez les hommes fertiles, la grande majorité des spermatozoïdes sont morphologiquement atypiques, et la valeur de référence n'est que de 4 % de formes normales. Une proportion inférieure définit latératozoospermie. Les travaux historiques de Kruger et collègues (1986, 1988) ont montré une association entre ce paramètre et les taux de fécondation en FIV conventionnelle, sans qu'il constitue un prédicteur individuel fiable.

8. Les valeurs de référence de l'OMS (2021)

Tableau des valeurs de référence de l'OMS 2021 : volume supérieur ou égal à 1,4 mL, concentration supérieure ou égale à 16 millions par mL, mobilité progressive supérieure ou égale à 30 %, formes normales supérieures ou égales à 4 %, vitalité supérieure ou égale à 54 %.
Figure 5. Limites inférieures de référence de la 6e édition du manuel de l'OMS (2021) : 5e centile d'une population d'hommes ayant conçu. Illustration pédagogique.
Valeurs de référence du spermogramme selon l'OMS 2021
ParamètreLimite inférieure de référenceCe que cela signifie
Volume≥ 1,4 mLReflète les sécrétions des glandes annexes ; dépend de la durée d'abstinence et de la complétude du recueil.
Concentration≥ 16 millions/mLÀ rapporter à la numération totale (≥ 39 millions par éjaculat), plus informative que la concentration seule.
Mobilité progressive≥ 30 %Mobilité totale (progressive + non progressive) ≥ 42 %.
Formes normales≥ 4 %Critères stricts : la majorité des spermatozoïdes sont atypiques même chez les hommes fertiles.
Vitalité≥ 54 %Surtout utile lorsque la mobilité est très réduite, pour distinguer cellules mortes et cellules immobiles vivantes.

Ces valeurs, issues des travaux de Cooper et collègues (2010) puis actualisées dans la sixième édition du manuel, correspondent au 5e centile d'une population d'hommes dont la partenaire a conçu dans l'année. Autrement dit, 5 % des hommes ayant conçu se situent en dessous de ces repères. La distribution réelle des résultats dans la population générale a été documentée par Campbell et collègues (2021).

9. La terminologie des résultats

Infographie de la terminologie des résultats du spermogramme : normozoospermie, oligozoospermie, asthénozoospermie, tératozoospermie, azoospermie et OAT (anomalies combinées).
Figure 6. La terminologie standardisée des résultats du spermogramme. Illustration pédagogique.

Les résultats sont décrits par une terminologie internationale standardisée. La normozoospermie désigne un prélèvement dont tous les paramètres se situent dans les valeurs de référence. Les anomalies portent le nom du paramètre concerné : oligozoospermie (concentration abaissée), asthénozoospermie (mobilité réduite), tératozoospermie (formes normales abaissées), azoospermie (absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat, confirmée après centrifugation).

Ces anomalies sont fréquemment combinées : on parle alors d'oligo-asthéno-tératozoospermie (OAT). L'azoospermie, situation particulière, impose de distinguer une cause obstructive (production normale, transport bloqué) d'une cause non obstructive (production défaillante), distinction qui repose sur l'examen clinique, le bilan hormonal et parfois la génétique. Cette démarche est développée dans le dossier sur l'azoospermie et, plus largement, dans celui sur l'infertilité masculine.

10. Variabilité : pourquoi l'examen est souvent renouvelé

Les paramètres spermatiques varient naturellement d'un prélèvement à l'autre chez un même homme. L'étude de Keel (2006), comparant des hommes infertiles et des donneurs de sperme, et celle de Leushuis et collègues (2010) sur la reproductibilité des analyses répétées, documentent une variabilité intra-individuelle importante, en particulier pour la concentration et la mobilité. Même la leucocytospermie peut varier spontanément d'un examen à l'autre (Lackner et collègues, 2007).

Cette variabilité a une conséquence pratique directe : un résultat anormal est habituellement confirmé par un second spermogramme, réalisé à quelques semaines d'intervalle et dans des conditions comparables (même durée d'abstinence, même laboratoire). À l'inverse, après un événement susceptible d'affecter la spermatogenèse — fièvre, traitement, chirurgie —, le contrôle est espacé d'au moins deux à trois mois, durée d'un cycle complet de production.

11. Les limites de l'examen

Le spermogramme souffre de trois limites documentées. D'abord, sa valeur prédictive individuelle est modeste : comme le soulignait Nagler (2011), un spermogramme isolé ne peut ni prédire la fertilité ni exclure une infertilité — les distributions des paramètres des hommes fertiles et infertiles se chevauchent largement. Ensuite, il ne mesure pas les fonctions du spermatozoïde : interaction avec la glaire cervicale, réaction acrosomique, reconnaissance de l'ovocyte. Enfin, il n'évalue pas la qualité du matériel génétique, qui fait l'objet d'examens spécifiques comme la fragmentation de l'ADN spermatique.

L'interprétation relève donc toujours d'une démarche d'ensemble : interrogatoire, examen clinique, contexte du couple, et examens complémentaires lorsque nécessaire. C'est le sens des recommandations de l'ASRM (2015), de l'AUA/ASRM (2021) et de l'EAU (2021, mise à jour 2025).

12. Les examens complémentaires

Selon les résultats et le contexte, le biologiste ou le médecin peut proposer des examens qui prolongent le spermogramme. Le spermocytogramme précise l'analyse morphologique. Le test de migration-survie évalue la capacité des spermatozoïdes à survivre et progresser après préparation, en vue d'une insémination. L'analyse biochimique du plasma séminal (fructose, zinc, alpha-glucosidase) explore la fonction des glandes annexes et la perméabilité des voies excrétrices.

Au-delà du laboratoire de spermiologie, le bilan peut comprendre un dosage hormonal (FSH, LH, testostérone, inhibine B), une échographie scrotale — notamment à la recherche d'une varicocèle, associée dans les études à une altération des paramètres spermatiques —, un caryotype et une recherche de microdélétions du chromosome Y devant les anomalies sévères, ou une étude de la fragmentation de l'ADN spermatique dans des indications encadrées (échecs répétés d'AMP, fausses couches à répétition, infertilité inexpliquée). Le stress oxydatif spermatique est l'un des mécanismes étudiés pour rendre compte des anomalies inexpliquées.

13. Idées reçues fréquentes

  • « Un spermogramme normal garantit la fertilité. » Non : l'examen décrit des paramètres, il ne mesure pas la capacité fécondante, qui dépend aussi de facteurs fonctionnels et du contexte du couple.
  • « Un spermogramme anormal signifie stérilité. » Non : les valeurs de référence sont statistiques, les paramètres varient d'un prélèvement à l'autre, et beaucoup d'hommes en dessous des repères conçoivent naturellement.
  • « 4 % de formes normales, c'est catastrophique. » Non : avec les critères stricts, la quasi-totalité des spermatozoïdes sont atypiques même chez les hommes fertiles ; 4 % est la valeur de référence, pas un signe d'échec.
  • « Plus l'abstinence est longue, meilleur est le sperme. » Faux : au-delà de quelques jours, la mobilité tend à diminuer et la proportion de spermatozoïdes âgés augmente ; c'est pourquoi l'OMS encadre la durée d'abstinence.
  • « Un seul examen suffit pour conclure. » Non : la variabilité intra-individuelle impose de confirmer une anomalie par un second prélèvement avant toute conclusion.
  • « Des compléments peuvent corriger un spermogramme anormal. » Aucune donnée solide ne le soutient : la revue Cochrane 2022 sur les antioxydants conclut à des preuves de faible à très faible certitude.

14. Questions fréquentes

Le spermogramme est l'analyse de laboratoire du sperme. Il évalue le volume de l'éjaculat, la concentration en spermatozoïdes, leur mobilité, leur morphologie et leur vitalité, selon la méthodologie du manuel de l'OMS (6e édition, 2021). C'est l'examen de première intention du bilan de fertilité masculine ; il est également utilisé pour contrôler une vasectomie ou suivre l'effet d'un traitement.

Le recueil se fait par masturbation, dans un flacon stérile, après une abstinence sexuelle habituellement comprise entre deux et sept jours. L'abstinence influence les résultats : elle doit être respectée et notée, car elle fait partie de l'interprétation. Le prélèvement doit être complet, conservé à température proche du corps et analysé rapidement — idéalement au laboratoire, ou apporté dans l'heure si le recueil a lieu à domicile.

La 6e édition du manuel de l'OMS (2021) retient comme limites inférieures de référence : volume 1,4 mL, concentration 16 millions/mL, mobilité progressive 30 %, mobilité totale 42 %, formes normales 4 % (critères stricts), vitalité 54 %. Ces valeurs correspondent au 5e centile d'une population d'hommes ayant conçu : ce sont des repères statistiques, pas des seuils de fertilité individuelle.

Non. Les paramètres spermatiques varient naturellement d'un prélèvement à l'autre, parfois de façon importante : un résultat anormal est habituellement confirmé par un second examen à quelques semaines d'intervalle. Beaucoup d'hommes dont les paramètres sont en dessous des valeurs de référence conçoivent naturellement. L'interprétation se fait toujours par un médecin, dans le contexte du couple.

Parce que la variabilité intra-individuelle est documentée : concentration, mobilité et morphologie peuvent fluctuer d'un prélèvement à l'autre, en lien avec l'abstinence, une fièvre récente, le stress ou la simple variation biologique. Un second examen, réalisé à distance et dans les mêmes conditions, permet de confirmer une anomalie avant toute conclusion. La spermatogenèse durant environ 74 jours, les contrôles après un événement ou un traitement sont espacés d'au moins deux à trois mois.

La mobilité progressive désigne les spermatozoïdes qui se déplacent activement vers l'avant, en ligne droite ou en grands cercles ; la mobilité non progressive regroupe ceux qui bougent sur place sans progression nette ; les spermatozoïdes immobiles ne présentent aucun mouvement. C'est la mobilité progressive qui compte le plus pour la traversée des voies génitales féminines. Une mobilité réduite est appelée asthénozoospermie.

La tératozoospermie décrit une proportion réduite de formes normales sur frottis coloré selon des critères stricts. Le repère OMS de 4 % est statistique, pas un seuil de fertilité ; une anomalie isolée ne suffit pas à prédire une conception.

Non. Le spermogramme décrit des paramètres macroscopiques et microscopiques ; il ne mesure pas directement la capacité fécondante, qui dépend aussi de facteurs fonctionnels (interaction avec l'ovocyte, intégrité de l'ADN spermatique) et du contexte du couple. Selon la situation, le médecin peut compléter par un spermocytogramme, un test de migration-survie, un bilan hormonal, une échographie ou une étude de la fragmentation de l'ADN spermatique.

Lorsqu'un facteur modifiable est identifié — tabac, surpoids, exposition prolongée à la chaleur scrotale, stéroïdes anabolisants, varicocèle clinique —, sa correction peut améliorer certains paramètres, avec un délai de plusieurs semaines correspondant à la durée de la spermatogenèse. En revanche, aucun complément alimentaire n'a démontré qu'il traitait une anomalie du spermogramme : les données sur les antioxydants oraux restent de faible certitude (revue Cochrane 2022).

15. Références

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